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26.02.2013 - Revue Automobile NISSAN: le Juke enfile son judogi
Le premier rejeton de la gamme Nismo affiche un look ravageur, mais on attendait plus en performances
Si l’appellation «Nismo» est quasi inconnue en Europe, ses origines remontent aussi loin que celles de Nissan, à l’époque où le constructeur s’appelait encore Prince Motor Company. Ainsi, en 1964, les ingénieurs de la marque se lancent dans la préparation de modèles de compétition. Vingt ans plus tard, Nissan regroupe ses activités de course – légendaires en Asie – sous l’appellation Nismo, contraction de Nissan Motorsports.
Aujourd’hui, le constructeur entreprend la même démarche, «civile», en Europe et lance le Juke Nismo, croisement de coupé et de SUV sérieusement préparé. C’est sûr, le bolide ne passe pas inaperçu avec, en vrac: un bouclier avant remodelé intégrant des feux de jour à LED, un liseré rouge sur le pourtour de la carrosserie, des jupes latérales épaisses, des coques de rétros rouges, un pare-chocs arrière abaissé ou encore un long béquet de toit.
REVALORISÉ
Les jantes de 18 pouces à 10 branches, chaussées de pneus 225/45 R18, servent également l’apparence belliqueuse. La suspension raffermie minimise le roulis en virage et la direction plus directe apporte un meilleur retour d’information.
L’habitacle est au diapason. Les sièges baquets sont bien creusés, les dossiers portent la griffe Nismo, le volant est gainé de cuir-alcantara, le compte-tours est éclairé de rouge, les touches de la climatisation et de l’installation audio sont laquées et le pédalier se pare d’inserts métalliques. Le système multimédia Nissan Connect reçoit un écran tactile porté à 5,8 pouces et un nouveau logiciel de navigation Google «Send to Car».
Et sous le capot? Par rapport au Juke DIG-T standard (1,6-litre turbo à injection directe), le Nismo ne gagne que 10 ch (200 ch) et 10 Nm (250 Nm), pour un gain de performances marginal: –0,2 s de 0 à 100 km/h (7,8 s) et une vitesse de pointe qui stagne à 215 km/h. Une seconde version attendue en cours d’année est annoncée pour 220 ch. Passé cette relative déception, nous découvrons au volant du prototype un caractère enthousiasmant. La sonorité est plus présente et le châssis affirmé semble issu d’un karting!
Le Juke classique présente déjà une tenue de route efficace, mais le Nismo négocie avec bien plus de facilité les successions de virages rapides.
MOTRICITÉ EN QUESTION
Sa faiblesse? Une motricité défaillante en sortie de virage pour la version traction, même sur revêtement sec. De plus, l’antipatinage intervient très tôt et coupe le flux de puissance. Dès lors, la version à traction avant (37 400 francs) ne devrait pas peser lourd face à la variante à transmission intégrale (40 800 francs), assistée du système Torque Vectoring (répartition active du couple entre les roues arrière). Mais contrairement au Nismo 2WD, doté d’une boîte manuelle à 6 vitesses, le 4WD est uniquement accouplé à une boîte automatique CVT, en totale contradiction avec les aspirations sportives du moteur. Malgré la meilleure motricité, on perd ici 0,5 s sur le 0 à 100 km/h et 15 km/h en vitesse de pointe! Quant à la consommation, établie à 7,4 l/100 km, elle augmente d’un demi-litre par rapport à la version à traction. Pour 2013, Nissan Suisse table sur la vente de 2000 Juke, dont 150 Nismo. La transmission intégrale devrait constituer 80 % des ventes.
Gebhard Cramm

